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INTERVIEW N° 7 Une Femme Ada, secrétaire générale de la Fondation Femmes@numérique

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10 mois ago

Laure Castellazzi, secrétaire générale de la Fondation Femmes@numérique

Ayant travaillé plus de 20 ans chez le groupe Laposte, en passant par la direction du système d’information de Coliposte, puis la direction de l’innovation et de l’ingénierie des services et des organisations et tout dernièrement en tant que Directrice du management des organisations, Laure Castellazzi est aujourd’hui secrétaire générale de la Fondation Femmes@numérique.

Helloada. Bonjour Laure, merci d’accepter l’interview. Vous êtes secrétaire générale de la Fondation femmes@numérique, Quelle est la vision de cette Fondation?

Laure. Cette fondation, toute jeune, puisqu’elle a un peu plus d’un an, a été créée par un collectif de six associations (AfmdConférence des grandes écolesCigrefSocial BuilderSyntec Numérique et Talents du numérique) déjà très sensibilisées (et pour des raisons différentes), à la carence des femmes dans les filières et métiers du numérique.
L’originalité de la démarche a été de prendre d’emblée comme une richesse le savoir-faire et les actions réalisées par les acteurs associatifs sur tout le territoire français.

Helloada. Quelles sont les différentes actions réalisées au quotidien?

La Fondation Femmes@Numérique s’est alors donné pour objectif d’accompagner celles-ci pour en accroître le potentiel et l’efficacité via plusieurs leviers:

  • Développer la visibilité des associations, grâce aux événements, à la communication, au site Femmes@Numérique, aux relations avec les institutions publiques et les Entreprises.
  • Développer le partage d’information, une meilleure connaissance des actions de chacune des associations. Favoriser  la coopération et la complémentarité des solutions gagnantes.
  • Mettre en lumière, grâce aux appels à projet, les associations qui agissent avec efficacité pour réellement changer les choses à une plus grande échelle, en faire des projets pilotes qui tracent une route que d’autres associations du collectif pourront ensuite emprunter pour déployer leurs actions.
  • Développer des partenariats avec les institutions et les entreprises sensibles à notre cause et intéressés par notre approche qui pourrons contribuer à nos actions et aux prochains appels à projet.

Notre objectif ultime est d’agir vraiment, grâce aux initiatives du tissus associatif sur la proportion des femmes dans l’IT ! c’est un enjeu sociétal et économique grâce à deux leviers clé:

  1. Adjoindre à toutes nos actions une bonne compréhension par tous le acteurs et actrices dans ce domaine avec une communication qui met en valeur les « bonnes pratiques » et les temps forts organisés par elles et eux.
  2. Mettre en place une mesure d’impact social qui valorise le rôle du tissus associatif.

Helloada. Parlez-nous un peu de vous, pourquoi cet engagement ?

Laure. J’ai passé toute ma carrière dans le Groupe La Poste où j’ai pu occuper des fonctions aussi diversifiées que passionnantes dans le domaine des projets informatiques, bien entendu, mais aussi dans des activités opérationnelles et la stratégie des organisations.

Après un parcours aussi diversifié, j’avais moi aussi envie de changer d’environnement, connaître d’autres personnes, disposer de marges de manœuvres nouvelles. Sur tous ces points mon arrivée à Femmes@Numérique a été à la hauteur de mes espérances !

Ma génération n’a pas été confrontée à la régression des femmes dans le numérique comme c’est le cas aujourd’hui.

Ce que j’ai découvert, grâce au collectif des associations, des membres experts et impliqués de nos instances, c’est un monde dont, comme beaucoup de femmes et d’hommes, je n’avais pas conscience des enjeux sociétaux et économiques qu’ils impliquent. Exclure les femmes du numérique, consciemment ou inconsciemment est un problème majeur des décennies à venir dont la principale révolution est justement l’implication  de l’IT dans tous les domaines, y compris ceux « traditionnellement » attribués aux femmes.

C’est pourquoi, grâce à cette nouvelle expérience, j’ai le sentiment de participer à une transformation essentielle.

Helloada. Depuis quelques années nous observons beaucoup d’actions en faveur des femmes, de votre point de vue voyez-vous du changement ? Au niveau de la parité au travail ou de l’entrepreneuriat par exemple ? Ou faut-il redoubler d’initiatives ?

Pour « voir du changement » il faudrait déjà être en mesure de l’identifier, de le mesurer. Hors les « chiffres » sont nouveaux dans ce domaine. Sans compter que c’est un environnement qui change en permanence. Il paraît que 50% des métiers numériques en 2030 n’existeraient pas encore.

Le seul changement qui semble apparaître est que, contrairement aux autres pays européens, la situation de la France s’aggrave.

Il faudrait pouvoir prendre une « photo » à partir de laquelle nous pourrions mesurer nos progrès. Cette mesure d’impact n’est pas dans l’ADN du tissus associatif, il nous faudrait pouvoir l’initier. C’est une de nos actions 2020. La base même de Femmes@Numérique est de « changer la donne » ! et donc de démontrer notre capacité à le faire…

Helloada. Pour finir, à travers notre plateforme de recrutement nous avons pour ambition d’inciter et d’accompagner les entreprises à recruter davantage d’apprenantes et d’étudiantes en alternance et stage. Pensez-vous que c’est un axe sur lequel nous pouvons espérer une évolution ?

L’implication des entreprises est indispensable, leur prise de conscience du risque est réelle, déjà perceptible au travers de leur difficulté à recruter, aujourd’hui et demain. Mais je pense, comme j’ai pu le constater que quel qu’elle soit, toute initiative de ce genre doit se réaliser dans un objectif de partage des réussites afin qu’elle profite à tous.

Helloada. Merci à Laure pour son engagement et d’avoir pris l’initiative de m’interpeller lors d’un atelier au salon Educatec – Educatice tenu en Novembre dernierqui a donné naissance à la catégorie “Elles s’engagent”.

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