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Interview n°15 Une Femme Ada, CEO et co-fondatrice d’une startup dans l’E-santé

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5 mois ago

Samah Ghalloussi, un Role model comme on les aimes ! Après 2 années en Biologie informatique et mathématiques, elle sort Major de promo et intègre l’école d’ingénieurs de l’université de Grenoble dans la spécialité Technologies de l’Information pour la Santé. Diplôme en poche Samah enchaîne de belles expériences professionnelles au sein de startup et administration public tels que le commissariat à l’énergie atomique en tant qu’ingénieure chercheur pendant 3 ans, une startup parisienne en tant qu’ingénieure R&D avant de rejoindre le Ministère de la Santé en 2018 en tant qu’EIG (Entrepreneure d’Intérêt Général).

Helloada. Vous êtes ingénieure spécialisée en technologies de l’information pour la santé, co fondatrice CEO de Aalia Tech & membre de WOMEN IN AI. Bravo ces multiples casquettes ! Depuis combien de temps vous êtes dans l’e-santé et pourquoi l’entrepreneuriat ?

Samah. Cela fait 6 ans maintenant que je travaille dans l’Intelligence Artificielle. Passionnée par les nouvelles technologies, j’interviens dans des meetups et des conférences Tech. J’avais envie d’entreprendre depuis assez longtemps et je me suis lancée début 2019 en tant que CTO sur le projet AALIA.tech, pour finalement en devenir la CEO en février dernier, suite à une restructuration. 

Helloada. Parlez nous de votre parcours universitaire et professionnel. Pourquoi avoir choisi la santé puis la tech ?

Samah. J’ai fais 2 années de licence en Biologie Informatique et Mathématiques à la Faculté des Sciences de Luminy (Aix-Marseille Université), durant lesquelles j’ai été major de promo, puis j’ai intégré l’école d’ingénieurs de l’Université Grenoble Alpes (Polytech Grenoble) dans la spécialité Technologies de l’Information pour la Santé. 

Après mon diplôme, j’ai rejoint le CEA (Commissariat à l’Energie Atomique) en tant qu’ingénieur-chercheur pendant 3 ans sur le plateau de Saclay (91), dans le Laboratoire Vision & Ingénierie des Contenus (LVIC) dans l’équipe de Traitement Automatique des Langues. C’est vraiment là-bas que j’ai appris toutes les techniques de pré-traitements et de Machine Learning que j’utilise aujourd’hui. Puis j’ai travaillé dans une start-up parisienne en tant qu’ingénieur R&D avant de rejoindre le Ministère de la Santé en 2018 en tant qu’EIG (Entrepreneur d’Intérêt Général). 

Helloada. Qu’est ce que l’EIG ? et comment peut-on rejoindre ce programme?

Samah. Le programme EIG s’adresse à des spécialistes en développement, design et data science qui souhaitent améliorer le service public à l’aide du numérique : chaque année, une promotion de spécialistes intègre des administrations pendant 10 mois. D’ailleurs, pour celles qui le souhaitent, c’est le moment de postuler pour la 4e promotion d’EIG, les candidatures sont ouvertes jusqu’au 7 juin : https://entrepreneur-interet-general.etalab.gouv.fr/candidature-eig

Pour revenir à votre question, j’ai choisi le secteur de la Tech et de la santé car j’ai toujours été attirée par le domaine de la santé de par ma formation et en même temps j’ai toujours eu des facilités à comprendre et appréhender le domaine informatique. Pour moi, mettre mes compétences informatiques au service de la santé permet de contribuer de manière utile à la société.

Helloada. Parlez nous de Aalia.Tech, A quel problématique répondez vous à travers cet assistant vocal ?

Samah. Près d’un patient sur cinq évoque la barrière de la langue comme principal obstacle lors de l’accès aux soins chez les populations les plus vulnérables d’après la Haute Autorité de Santé (HAS). Les problèmes de communication ont un impact sur la qualité des soins et la barrière de la langue peut avoir des conséquences directes sur la prise en charge d’un patient. Selon une étude canadienne, un patient qui ne parle pas la langue du soignant a 70% de chances de plus d’être admis à l’hôpital. Les admissions diminuent quand on fait appel à un interprète. 

Notre innovation consiste à digitaliser l’interprétariat médical, en regroupant dans un seul et même outil, la connaissance médicale de plusieurs langues et dialectes. La solution que l’on propose est un assistant vocal qui traduit instantanément les questions du médecin dans la langue natale du patient, en prenant en compte le contexte médical ainsi que la culture du patient. Ainsi, le praticien pourra mieux prendre en charge ses patients étrangers, gagner du temps et de l’efficacité, et surtout, éviter des erreurs médicales.

Helloada. Selon vous, comment pouvons nous attirer davantage de Femmes et Jeunes filles vers les métiers techniques du numérique ?

Samah. De mon côté, j’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont toujours poussé à choisir les filières scientifiques, réputées pour leur excellence. Je pense que le fait d’être soutenue et encouragée dans son choix de poursuivre des études scientifiques est primordial pour contribuer à normaliser ce choix malgré le manque de représentativité.  Ensuite, c’est peut-être avec l’émergence de plusieurs figures de réussites auxquelles on peut s’identifier que l’on verra de plus en plus de femmes et de jeunes filles se lancer dans la Tech.

Helloada. Pour finir, quels conseils donneriez vous à celles qui souhaitent se former dans l’IA. Des soft skills sont à adopter pour réussir ?

Pour celles qui souhaitent se former dans l’IA, la première chose est d’acquérir des bases en algorithmique et en programmation Python. Pour ma part, j’ai appris le langage Python au début de ma carrière avec le site scikit-learn.org en testant les exemples de codes proposés et en apportant des modifications pour voir les conséquences. Cette méthode d’apprentissage par la pratique est très efficace, d’autant plus que le langage Python est simple à appréhender. 

Puis, le fait de travailler sur des projets professionnels et personnels concrets m’ont permis d’avancer encore plus vite. En effet, le fait de se réapproprier ces connaissances dans un but précis, accroît la motivation et l’envie de comprendre et de maîtriser ces compétences.

Pour celles qui souhaitent trouver des challenges en data science, je vous encourage à participer à des compétitions sur la plateforme kaggle.com qui propose des défis pour tous les niveaux.

Les soft skills sont d’une grande importance dans la réussite, quelque soit la profession choisie. 

La base selon moi est d’avoir une communication claire et bienveillante, un esprit positif et une grande capacité de résilience.  Egalement apprendre à penser “out of the box”, savoir prendre du recul et faire preuve de créativité. 

Aussi, avoir l’esprit d’équipe et savoir travailler avec les autres est important, ainsi que développer et entretenir son réseau.

Pour finir, l’IA est un domaine en constante évolution, il est nécessaire d’avoir une grande soif de connaissance et se tenir au courant des nouvelles avancées et techniques mises au point. 

Helloada. Un grand merci à Samah d’avoir pris le temps de répondre à nos questions avec conviction !

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